Acteur atypique et indépendant, Johnny Deep a surpris tout le monde en s'impliquant dans une superproduction inspirée d'une attraction de Disneyland il y a trois ans, Pirates des Caraïbes.
Le succès du film aidant, il reveint donner son interprétation outragée et réjouissante du pirates Jack Sparrow dans deux nouveaux volets d'aventures haletants.
Comment les retrouvailles avec Jack Sparrow se sont-elles passées?
En repassant par toutes ces étapes, le maquillage, les cheveux, le costume, tout me semblait naturel, juste. Quand je suis arrivé sur le plateau le premier jour et que j'ai vu autour de moi la même équipe, le même réalisateur, les mêmes visages, j'ai eu l'impression qu'on s'étaient quitté une semaine auparavant. J'ai retrouvé immédiatement mes marques. Je n'était pas prêt à quitter ce personnage, qui est très amusant à jouer, et il avait bien des choses qui restaient à faire, plus de plaisir encore à prendre. Mais une des choses que nous avons évoquées quand l'idée est venue sur le tapis de faire une suite, c'est que c'était très important que ce ne soit pas seulement autour de Jack Sparrow, parce qu'on aurait vraiment pris une mauvaise direction. Ted Elliot, Terry Rossio, les scénaristes, et Gore Verbinski, le réalisateur, ont déterminé un cap pour l'histoire et ensuite, restait à s'emparer de cette solide ossature et à jouer avec. Parfois, en lisant le scénario, il m'arrivait de trouver une réplique que j'ajoutait après l'avoir proposée aux autres. D'autres fois, il m'arrivait d'improviser dans le feu de l'action et c'est plus marrant comme ça, quand ça vient en plein tournage d'un plan parce que ça altère un peu le rythme de la scène, ça déstabilise un peu les gens qui, du coup, réagissent avec spontanéité. Les gens paniquent un instant, mais ce genre de panique, c'est à la fois amusant et stimulant.
Il a une forme d'allégresse dans les pas de Jack, cette fois. Quand le film s'ouvre sur lui, il donne vraiment l'impression d'être gay. Sa personnalité a-t-elle évoluée? Vous inspirez toujours de Keith Richards ?
Ce n'est pas Keith Richards, c'est plus certains grands traits qui sont inspirés par Keith et par Pepe LePew. Mais je ne sais pas, je faisais la même chose. Cela dit, tout ce qui arrive dans le monde ou ta vie affecte immédiatement la manière dont tu approches tes journées et donc ton travail et le fait de ne pas avoir de coups de fil paniqués du type: "Mais qu'est ce que tu fous ? Tues entrain de foutre le film en l'air!" a dû contribuer à introduire un peu de légèreté dans ma démarche. Mais il n'y a rien de conscient là-dedans. Je n'ai pas non plus cherché à le rendre plus éfféminé.C'est le public qui a finalemnt cautionné vos choix concernant le personnages.
Les financiers ont paniqué lors du premier film et dans une certaine mesure, ils avaient de bonnes raisons. Heuresement, j'ai été totalement soutenu par quelques personnes de cette équipe soudée, motamment par Gore. Mais réellemnt, ce sont les spectateurs, qui, en venant, m'ont sauvé. Pendant des années, les studios ou les distributeurs n'ont pas qu vraiment comment vendre les films que j'ai tournés, catégoriser un produit comme Ed Wood par exemple, qui était quand même un film en noir et blanc sur un réalisateur travesti. Jerry Bruckheimer, lui, a su comment vendre ce produit-ci et faire en sorte que les gens aillent le voir... Je ne suis pas du tout le genre d'acteurs qui attire les foules, mais même quand les studios ne voulaient pas m'engager, je suis parvenu à faire les choses que j'avais envie de faire. Ce qui, en soi, est pour moi un succès. Je trouve que les studios sous-estiment l'intelligence du public et ses besoins: on va au cinéma pour être stimulé, pas pour savoir comment ça se finit. Et avec son point de vue différent, son hyperréalisme, ses scène d'action délirants, ce film a apporté aux spectateurs quelque chose qu'ils n'avaient jamais vraiment vu.
Y a-t-il quelque chose de vous dans le personnage ?
C'est certian, mais c'est le cas de tous mes rôles. Certains personnages qu'on joue s'enracinent vraiment en soi et c'est très difficile de les quitter. Une fois qu'on a bien cerné le personnage, qu'on le connaît, on a le sentiment que rien n'est impossible et les incarner donne un grand sentiment de sécurité.
Robin Lynch